Chers camarades,
Le choix qui se présente aux militants du Parti Socialiste a toutes les chances d'être crucial pour les cinq ans à venir, et même au-delà. La gauche est évidemment en situation de l'emporter, et c'est à l'échelle du quinquennat, et plus si affinités, qu'il faut raisonner. Et même dans la funeste hypothèse contraire, ce choix serait déterminant pour définir l'orientation future de notre parti.
À partir du socle commun qu'est notre projet, je fais partie de ceux qui pensent que nos candidats ont des profils politiques assez différents. Celui de Dominique Strauss-Kahn est caractérisé d'un mot, banal sur tout le continent européen, mais qui sent encore un peu le soufre chez nous : la social-démocratie. François Hollande a parlé un jour de " gauche durable ". Lionel Jospin avait axé sa campagne victorieuse de 1997 sur le slogan " Dire ce qu'on fait, faire ce qu'on dit ". La social-démocratie, c'est faire avancer les choses dès qu'on est en situation de le faire. C'est refuser les postures idéologiques au profit de l'action. C'est la culture du compromis, de la négociation, de la prise en compte de la société comme elle est dans le but de la faire évoluer. C'est la volonté de combattre ici et maintenant les dérives de l'ultra-libéralisme, et pas d'attendre un hypothétique renversement du capitalisme. C'est la conviction que le rétablissement d'une situation économique saine est à la base de la guérison des maux de notre société. C'est la régulation, c'est la volonté de croissance durable, c'est l'acceptation de l'économie de marché, mais le refus de la société de marché.
Cette social-démocratie, nous la pratiquons dans les collectivité locales dont nous avons la charge, nous la pratiquons depuis 1983 quand nous sommes en responsabilité nationale. Il est temps de la prôner ouvertement quand nous sommes en campagne électorale, et que notre discours d'opposants soit, enfin, en cohérence avec notre action de gouvernants.
Oui, la candidature de DSK est peut-être moins lyrique que celle de ses concurrent(e)s. Mais, à mes yeux, c'est celle qui permet le mieux, non seulement de conquérir le pouvoir, mais d'en faire un instrument au service des Français et, parce que nous aurons su réaliser ce que nous aurons promis, de conserver leur confiance au-delà du quinquennat. Et il ne faut pas s'y tromper : DSK est un débatteur redoutable, il a les épaules assez solides pour mener une campagne efficace. Le drame de 2002 nous a montré combien il pouvait nous en coûter de faire une confiance aveugle aux enquêtes d'opinion. La question de savoir dès maintenant qui serait le mieux placé pour remporter sur son seul nom l'élection est hors sujet, parce qu'insoluble. Personne ne peut savoir en novembre qui sera le mieux à même de traverser sans dommage une campagne électorale et gagner. La vraie question est sur le long terme.
Qui peut le mieux assurer aux Français une véritable amélioration de leur sort ? Qui peut le mieux rétablir la place de la France en Europe et de l'Europe dans le monde, bien malmenées ces derniers temps ? Qui peut le mieux incarner une présidence responsable et active ? Malgré les indéniables qualités des deux autres candidats, ma conviction, que je vous invite à partager, est que c'est Dominique Strauss-Kahn.
Michel Henri
Commentaires