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Mercredi 23 août 2006 3 23 08 2006 11:16
Par Socialisme et Démocratie 86 - Publié dans : National
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Mercredi 23 août 2006 3 23 08 2006 10:36

Point de vue
Retrouver la volonté de faire, par Dominique Strauss-Kahn
LE MONDE | 23.08.06 | 13h01  •  Mis à jour le 23.08.06 | 13h01

u cours du XIXe et du XXe siècle, l'Europe a été la matrice de trois concepts autour desquels se sont organisées les sociétés humaines : la révolution sociale, la nation et le capitalisme. En se déployant à l'est, vers la Russie puis la Chine, la révolution a changé l'histoire du monde. La nation a offert au Sud les instruments de sa structuration politique. Le capitalisme s'est d'abord diffusé à l'Ouest, engendrant la plus grande puissance jamais connue.

La révolution ne semble plus aujourd'hui porter beaucoup de fruits. C'est l'interaction paradoxale entre l'idée de nation et le capitalisme mondialisé qui enfante les principaux défis auxquels notre société sera confrontée au cours de la prochaine décennie.

Le premier de ces défis concerne notre approvisionnement en énergie. L'arrivée de la Chine et de l'Inde sur le marché du pétrole fait flamber les cours : la dépendance du monde à l'égard du Moyen-Orient s'en trouve accrue. Or la géopolitique pétrolière est instable, et nous ne pouvons accepter que notre avenir dépende d'une alternance meurtrière entre les actes terroristes et la répression d'Etat. L'auteur de L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine, trouve ici sa vengeance. Qui plus est, la consommation massive d'énergies fossiles a des conséquences environnementales désastreuses. Nous sommes donc aujourd'hui obligés de remettre en cause une conception de l'énergie héritée du siècle passé.

Mais préparons-nous vraiment l'après-pétrole ? Mollement, trop mollement. Faute d'une impulsion politique qui ne peut venir que de la France, l'Europe de l'énergie se fait toujours attendre. Elle est pourtant indispensable à la stabilisation de notre relation énergétique avec la Russie et avec les pays du Maghreb. La préservation de notre avenir énergétique passera à plus long terme par la poursuite sans relâche des économies d'énergie, la démultiplication de l'effort de recherche sur les énergies renouvelables et la domestication du nucléaire. Ces objectifs doivent constituer une priorité majeure de l'action publique, d'autant que le changement de modèle énergétique concerne aussi les Américains qui vont devoir... s'européaniser. Si elle sait garder son avance dans ce domaine, l'Europe pourra redevenir un modèle - à condition d'être capable de continuer à produire des richesses, ce qui est loin d'être acquis.

Ce qui a rendu le capitalisme supportable en dépit des inégalités qu'il engendre, c'est qu'il autorisait une production de richesses d'une ampleur inédite. Dans un pays comme le nôtre, l'approfondissement de la mondialisation met à mal cet équilibre. Les délocalisations ont été l'illustration, populaire mais superficielle, de cette mutation. Sous la surface, la réalité n'est pas moins obsédante. A quelles conditions serons-nous capables demain d'assurer la croissance de l'emploi et du pouvoir d'achat, socle de notre pacte social ? Comment dégager un nouveau compromis social ?

La simple prolongation du modèle existant est évidemment vouée à l'échec. Sommes-nous dès lors déterminés à conduire à son terme la seule stratégie gagnante, celle qui repose sur l'économie de la connaissance ? Rien ne le prouve. La descente aux enfers des universités françaises dans la hiérarchie mondiale en témoigne. Le retard accumulé dans le financement de la recherche publique et les difficultés de celle-ci à travailler avec le secteur privé, pire encore, la forme archaïque d'organisation de notre système universitaire fondé sur une faible autonomie, une faible compétition et de faibles moyens, constituent des causes réelles et profondes qui, si elles ne sont pas rapidement et énergiquement traitées, seront mortelles.

Plus largement, c'est tout notre modèle de développement qui est en cause. Big Oil, Big Three : tel a longtemps été le mantra de la croissance américaine. J'ai dit ce qu'il en était du Big Oil. Quant aux Big Three, les trois principaux constructeurs automobiles, ils font eux aussi partie d'un modèle révolu. Celui qui est devant nous repose principalement sur les services à la personne ; les questions de santé en seront l'un des enjeux essentiels. Ce modèle amène avec lui la biologie comme science dominante, les préoccupations environnementales comme principe de gestion publique, la qualité de la vie comme choix collectif. Je ne prendrai pour le caractériser que deux exemples.

D'abord celui d'une alimentation malsaine et trop riche dont l'épidémie d'obésité qui frappe les Etats-Unis rend les dangers manifestes. Faire évoluer notre alimentation est une question de santé publique ; c'est aussi une stratégie nouvelle pour l'industrie agroalimentaire ; c'est surtout l'annonce d'une nécessaire réorientation de la PAC vers les cultures méditerranéennes. Partant du panier de la ménagère, on aboutit à la réorganisation de l'Union.

Mon second exemple sera celui de la santé au travail. Parce que les drames physiques et mentaux se multiplient dans nombre d'entreprises, la médecine du travail doit devenir une priorité de la santé publique. Il s'agit bien sûr d'accroître le bien-être de chacun d'entre nous, mais aussi de préserver l'avenir de notre système productif : il est exclu d'espérer faire travailler les seniors si l'allongement de la durée de la vie ne s'accompagne pas du maintien d'une condition physique satisfaisante.

La durée de la vie ! Le grand mot est lâché. Jamais notre société n'a connu une telle rupture en si peu de temps ! Ce bouleversement s'enracine dans les progrès de la biologie, reformule les relations entre les générations, menace d'effondrement notre protection sociale. Il pose par ailleurs en termes nouveaux la question de notre démographie et, avec elle, celle de l'immigration. Une France qui vieillit, c'est, à terme, une France qui meurt. Encourager la natalité ne suffira pas à enrayer ce mouvement : sa reprise est lente lorsque la confiance en l'avenir fait défaut. S'il peut alors être utile de favoriser l'adoption, c'est l'immigration qui constitue la solution principale. Il nous faut donc balayer les vieilles craintes aux remugles nauséabonds et concevoir une politique d'immigration positive. Pour cela, il ne faut pas se tromper de problème. Nous n'avons pas trop de chômage parce que nous aurions trop de bras ; nous avons trop peu de croissance parce que notre population ne croît pas assez.

Pour que la pression migratoire reste supportable, il faut néanmoins que le développement du Sud cesse de n'être qu'un sujet de beaux discours. On sait aujourd'hui que l'aide monétaire, souvent mal utilisée, est moins efficace que l'encouragement donné à l'essor de l'éducation et à l'amélioration de la santé. C'est pourquoi les interminables palabres sur les conditions de l'accès des peuples du Sud aux médicaments génériques doivent prendre fin. L'urgence est planétaire. Et elle implique certainement une révision de notre conception de la propriété intellectuelle, déjà bousculée par la civilisation numérique.

Reste l'incertitude la plus lourde : avons-nous la force morale d'aller de l'avant, de refuser le renoncement ? Je le crois, à condition que l'action politique retrouve son sens, à condition que nous nous débarrassions d'un populisme qui nourrit sa domination de nos échecs, à condition que nous retrouvions le sens du mot démocratie. Or notre démocratie est malade. La faiblesse du contrôle de l'exécutif par le Parlement la gangrène. Quand la pratique des institutions de la Ve République, qui avaient été conçues pour assurer la domination de l'exécutif, est vertueuse, qu'elle soit de droite ou de gauche, la situation n'est pas trop grave. Mais elle ne l'est pas toujours : le cloaque dans lequel baigne aujourd'hui la démocratie française montre qu'il nous faut changer la donne. Faute de pouvoir revenir sur l'élection du président de la République au suffrage universel, il est indispensable de rééquilibrer les pouvoirs entre ce dernier et l'Assemblée nationale. Quand la République se décompose, quand la démocratie étouffe, c'est la pratique de nos institutions qui doit être radicalement transformée. Le président doit construire le destin de la nation, non se comporter en arbitre irresponsable ; les députés ne doivent pas exercer d'autre mandat afin de consacrer davantage de leur énergie au contrôle de l'exécutif ; la confiance dans une décentralisation dont le sens s'est perdu au cours des années récentes doit être restaurée.

Nous préparer à sortir de siècles d'énergie fossile et en tirer les conséquences géopolitiques, recentrer notre modèle de développement sur la vie des hommes, concentrer notre effort sur la connaissance et repenser les âges de la vie, nous ouvrir aux peuples du Sud en balayant les obstacles auxquels se heurte leur survie, reformuler le contrat démocratique global et local : voilà les travaux qui attendent le prochain président de la République.

Pour réussir face aux nationalismes qui s'exacerbent et au capitalisme qui se dévoie, il aura besoin de l'Europe ; il aura donc besoin de faire l'Europe. C'est à cette condition que chacun de ces défis pourra être commué en un espoir pour une France nouvelle. En cas d'échec, nous prendrions le risque de redonner quelque sens à la révolution.


Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'économie, est député (PS) du Val-d'Oise.

Article paru dans l'édition du 24.08.06
Par Socialisme et Démocratie 86 - Publié dans : National
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Mardi 15 août 2006 2 15 08 2006 11:22

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Mercredi 9 août 2006 3 09 08 2006 11:22

Jean-Christophe Cambadélis : "La modernité sera au cœur de la présidentielle"
Publié le 8 août 2006

Dans une entretien au Figaro, Jean-Christophe Cambadélis dresse le cadre dans lequelle la gauche doit se mettre en formation pour l’emporter face à la droite en 2007. Il réaffirme que le meilleur candidat pour battre Sarkozy est Dominique Strauss-Kahn. Enfin, il prône une nouvelle synthèse social-démocrate.

LE FIGARO. - En quoi, à vos yeux, la présidentielle de 2007 sera- t-elle différente des précédentes ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. - Ce scrutin sera historique, comme l’ont été ceux de 1965, première élection du président de la République au suffrage universel direct, ou de 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir. Après une double présidence sans visage, il est évident que les Français voudront trancher quelques grands sujets.

Le premier sujet, c’est la question sociale. La droite proposera l’adaptation, la gauche est pour l’évolution. L’adaptation, c’est en fait la rupture avec le modèle social français, sommé de s’adapter au marché et aux valeurs anglo-saxonnes. La thématique rappelle le slogan de Guizot : « Enrichissez-vous ! » L’évolution, c’est changer le modèle sans le renier, rechercher l’égalité réelle en pointant les précarités, multiplier les innovations et les protections tout en assurant un équilibre entre les deux.

Cette différence de modèle social induit-elle une différence de modèle économique ?

Bien sûr. Avec d’un côté la recherche d’une économie durable, pas seulement sur le plan écologique, mais aussi supportable socialement. Et de l’autre la poursuite d’une économie rentable, dont la rentabilité est évaluée à court terme, la circulation du capital permettant l’enrichissement. C’est un débat majeur. Car tout le monde sait qu’on ne peut pas continuer comme ça, mais on ne sait pas quelle idée force la France choisira entre ces deux options.

Nous n’échapperons pas non plus à un débat sur la représentation politique. Là aussi, deux options sont en présence. Après les années Chirac, il y a ceux qui veulent restaurer la Ve République, retrouver le rôle initial du président de la République, bref, faire une pause dans l’évolution institutionnelle. On les trouve à la fois à droite et à gauche. L’autre option, c’est celle d’une démocratie partagée, avec la modernisation des institutions, l’instauration de la proportionnelle, un président acteur et responsable, la décentralisation, un Parlement à l’image de la France. En quelque sorte une Ve République et demie...

La question européenne a divisé la gauche au moment du référendum. Le débat va-t-il ressurgir en 2007 ?

Pas seulement à gauche. Il y a, d’un côté, ceux qui privilégient une pause dans l’élargissement et l’approfondissement. C’est le cas de Nicolas Sarkozy, qui défend l’arrêt de l’élargissement et une vision française de l’Europe. De l’autre, ceux qui réclament une relance européenne. Au PS, la relance est réclamée par tous et elle se fera autour d’une Europe fédération d’Etats-nations.

La gauche et la droite proposent-elles des modèles de société différents ?

L’UMP prend acte de deux facteurs : le communautarisme, qu’il soit culturel, cultuel ou sexuel, et le consumérisme. Et Nicolas Sarkozy dit : bâtissons une République qui prenne en compte le respect de ces communautés comme de l’aspiration au consumérisme. Le PS, lui, n’est plus libéral-libertaire : il propose une liberté ordonnée, pour qu’à chaque instant on puisse « faire société », un vivre ensemble qui ne tue pas l’initiative individuelle. On le verra sur toutes les questions de société, qu’il s’agisse du mariage homosexuel et de l’homoparentalité ou de la sécurité.

Vous parliez des différences en matière économique. Le sujet occupera-t-il une place importante dans la campagne ?

Il y a une question qui dominera toute la campagne, c’est celle des finances publiques. Les deux camps auront la tentation de l’occulter. La droite parce que, pour elle, parler des déficits revient à parler de son bilan, dont Nicolas Sarkozy voudrait s’extraire. La gauche parce que son projet ne peut être financé que s’il y a croissance. Or, la plupart de ses candidats potentiels à la présidentielle se positionnent sur des thématiques sociales plutôt que sur la croissance économique. Seuls François Hollande et Dominique Strauss-Kahn évoquent la nécessité de créer de la croissance pour permettre de redistribuer les richesses. Si l’on persistait à l’occulter, l’opinion publique se chargerait de nous rappeler à l’ordre.

C’est toute la question de la confrontation du socialisme au réel...

La question de la modernité va tenailler cette présidentielle. L’enjeu, c’est l’ouverture d’un nouveau cycle. Le candidat de la droite n’aura connu ni la Seconde Guerre mondiale ni la décolonisation. Il sera un enfant du marché. A gauche, il y a de grandes chances que le candidat ne soit pas issu des années Mitterrand. A lui d’imaginer une nouvelle synthèse sociale-démocrate.

Est-ce un handicap pour la gauche de ne pas savoir encore qui sera son candidat ?

Dans une présidentielle, il y a les enjeux - que je viens de décrire - et il y a aussi la couleur. Cette couleur ne dépend pas seulement du candidat de la gauche, mais aussi de celui de la droite. Si Jacques Chirac n’avait pas eu ses ennuis de santé, et qu’il avait envisagé de se représenter, face à lui, un homme d’État s’imposait, c’était Lionel Jospin. Si Dominique de Villepin avait pris le meilleur sur Nicolas Sarkozy, la présidentielle aurait tourné autour du thème de la France et là, Ségolène Royal était une réponse possible, avec son nomadisme idéologique qui a toutes les France à sa main. S’il y avait eu deux candidats à droite, une candidature ancrée à gauche aurait eu son intérêt : la posture de Laurent Fabius aurait pu rassembler à gauche au premier tour. Face à Nicolas Sarkozy, il faut une social-démocratie renouvelée et Dominique Strauss-Kahn est celui qui l’incarne le mieux.

La gauche peut-elle gagner la présidentielle ?

Dans les sondages, elle remporte un succès d’estime, mais il n’y a pas d’adhésion parce que la gauche est émiettée. Les Français ne croient pas que les partis qui la composent soient capables de gouverner ensemble dans une période difficile. Or, aujourd’hui, on s’y prend mal. Chacun reste sur son quant-à-soi et le PS donne des coups de menton. Quant aux propositions de François Hollande visant à constituer une petite gauche PS-PRG-MRC dans une stratégie d’apparentement, dont on perçoit mal le contenu, c’est une tentative de refaire une gauche plurielle qui n’est pas à la hauteur de la situation. Celle-ci nécessite d’embrasser toutes les gauches réalistes dans un même dessein.

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Mardi 8 août 2006 2 08 08 2006 11:50
Dominique Strauss-Kahn participait récemment à la fête de la fraternité organisée avec RESF.
> un compte-rendu de la journée
> le podcast

Hier il publiait une lettre ouverte à Dominique De Villepin lui demandant d'accorder un délai supplémentaire permettant un examen serein de tous les dossiers.
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Mardi 1 août 2006 2 01 08 2006 11:24
Le site www.dsk2007.net est ouvert !

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